Trinité

3 étapes clés. Le support, la peinture, et enfin la composition.

Le support, c’est la base. Les pieds de l’ œuvre, la racine du mal ou du bien, le pourquoi du comment. Le support se décide, se trouve ou se découvre. Parfois, il s’impose aussi. Le support donne la tonalité, il suscite l’élan, montre la direction première. J’aime apprivoiser un support.
Ainsi, mes supports sont variés, en allant de la toile marouflée aux boîtes de conserves en passant par le carton, les pierres, le polystyrène pour n’en citer qu’un petit fragment.

Le support, le corps de l’âme, qui descend dans la peinture.
La peinture geste, la peinture refuge, la peinture arrêt, la peinture couleur, la peinture qui ne se laisse plus donner de nom. La peinture est une tentative.
Toucher l’immatériel ou rêver le matériel. Une porte entre les mondes.
Une projection nécessaire, un transit entre l’homme, le réel et l’invisible.
Dans le processus même de peindre, se révèle cette tension entre le palpable et ce qui ne l’est pas. Quel sera le bon dosage de pigments et de liant pour arriver à la couleur posée sur la toile, quel sera le coup de pinceau raté ou réussi qui transforme la toile ? Tant de gestes récupérables ; et en même temps, le peintre sait qu’aucun retour n’est possible.

Et puis de la peinture d’un objet, où simplement d’une envie picturale naît l’envie de composer. Il s’agit d ‘espaces vides ou pas, de couleurs, de textures et de formes.
De composer sur le support choisi, mais également d’élargir la composition au delà des limites préétablies. Et c’est là que le principe d’arborescence se déchaîne, ouvrant des millions de possibles.

Connaissez-vous l’histoire du grain de Pierre, mangé par le coq, qui réveille de bon matin le curé, qui arrête un brigand qui avait frappé une servante qui elle, avait trait une vache, qui avait encorné un chien, qui avait mordu un chat, qui avait lui-même poursuivi le rat, qui avait mangé toute la farine du grenier de la maison que Pierre avait bâti ?
Un élément qui en entraîne un autre, puis encore un autre, jusqu’à avoir parcouru un chemin long et laborieux pour revenir au point de départ ?
C’est comme ça qu’émergent mes installations.
Si rien ne pouvait les arrêter dans le temps, elles continueraient à grandir comme l’arbre sans fin.

Ainsi on passe de l’objet à l’objet peint et cela induit également une transformation dans la perception de l’objet qui tend à devenir lui-même peinture.

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